Edgar Morin a rejoint l’au-delà du monde après avoir traversé le temps, plus d’un siècle, avec un amour profond de la vie et de l’humanité. Il était un agnostique flamboyant. L’étincelle de la foi en l’humain ne l’a jamais quitté. Authentique vertueux, il n’a pas seulement pensé la vie dans toutes ses dimensions et sa complexité, terme qui lui était cher.
La pensée complexe, cette unité dans la diversité, une synthèse conquise par le dialogue entre les différences, ne pouvait que toucher ceux qui se sentent incompris, ou dont la voix n’est pas assez entendue. L’agnosticisme d’Edgar était ouvert. Il a admiré les dernières années de sa vie la mystique soufie qui relie et élève ce qu’il y a de plus beau et mystérieux en l’humain.
Politiquement et intellectuellement, il a agi, résisté et témoigné, parfois au prix de sa vie. Les innombrables hommages tellement mérités reflètent son immense parcours et influences. Nous avons partagé un temps une expérience au sein du conseil scientifique du Comité « L’éducation pour toute la vie » auprès de l’Unesco. Il était un trait d’union entre le Nord et le Sud.
Ma contribution aujourd’hui se veut geste de reconnaissance et mémoire de la continuité symbolique du débat que j’ai eu avec lui. Car il était un allié rigoureux et un ami fidèle des peuples confrontés aux épreuves de toutes natures. Il fait partie de quelques grands amis et penseurs avec qui j’ai eu l’insigne honneur d’échanger sur des questio...
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