Robespierre, la Convention et le culte de l’Être suprême

GEO - 02/06
En l’an II, Robespierre persuade la Convention de décréter un nouveau culte, dont il serait le grand ordonnateur. Ses opposants l’accusent de vouloir imposer à tous son propre pouvoir. Et si cela n’était qu’un malentendu ?

Le 20 prairial, jour de la fête de l’Être suprême, à Paris, toutes les maisons sont pavoisées, un soleil généreux brille… Et surtout, en ce mois de juin de l’an II, la ville bruisse de rumeurs d’espoir : on murmure que la Terreur serait finie, que la guillotine pourrait cesser son sinistre office. "On se rapprochait sans se connaître, on s’embrassait sans se nommer ; les banquets publics, servis dans les rues, réunissaient le riche au pauvre, l’aristocrate au jacobin […]. Le repos était une nécessité si universelle !", racontera l’écrivain Charles Nodier, marqué par ces scènes qu’il a vécues du haut de ses 14 ans.

C’est Robespierre qui fait office de maître de cérémonie

Pour l’événement, la Convention a vu grand : elle en a confié la conception au peintre et conventionnel Jacques-Louis David, qui en a soigné les moindres détails – jusqu’aux guirlandes de verdure et de fleurs ornant l’amphithéâtre du jardin des Tuileries, alors appelé Jardin national. Là, Robespierre ouvre le cérémonial sous les yeux des députés et des Parisiens. Pour ...
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