Le 20 prairial, jour de la fête de l’Être suprême, à Paris, toutes les maisons sont pavoisées, un soleil généreux brille… Et surtout, en ce mois de juin de l’an II, la ville bruisse de rumeurs d’espoir : on murmure que la Terreur serait finie, que la guillotine pourrait cesser son sinistre office. "On se rapprochait sans se connaître, on s’embrassait sans se nommer ; les banquets publics, servis dans les rues, réunissaient le riche au pauvre, l’aristocrate au jacobin […]. Le repos était une nécessité si universelle !", racontera l’écrivain Charles Nodier, marqué par ces scènes qu’il a vécues du haut de ses 14 ans.