Sommes-nous tous égaux face au Covid-19 ? Voilà deux ans que le virus circule, mute et contamine des millions de personnes. Certaines sont tombées malades tandis que d’autres y ont pour l’instant échappé. On en connait qui ont aussi été infectées plusieurs fois. S’il reste de nombreuses zones d’ombres sur les facteurs de transmission du Covid, plusieurs études montrent que les personnes de groupe O étaient statistiquement moins nombreuses parmi les malades du Covid.
À partir de la littérature existante, une première étude de l’Inserm est venue formuler des hypothèses en mars 2021, en prenant en compte les infections dues au SARS-CoV-2 et au variant Alpha. Cette étude, datant du printemps dernier, fait le lien entre le groupe sanguin de type O et le risque diminué d’être contaminé par le virus.
Ces recherches concluent que les personnes appartenant au groupe A possèdent des anticorps anti-B, celles du groupe B des anticorps anti-A, celles du groupe AB n’en ont aucun tandis que celles du groupe O ont les deux. L’étude suppose ensuite que "lorsqu’une personne transmet le virus à une autre personne qui possède des anticorps anti-A ou anti-B, ces particules virales ABO incompatibles pourraient être neutralisées et éliminées. Cela pourrait expliquer pourquoi les personnes de groupe sanguin O, qui possèdent à la fois des anticorps anti-A et anti-B seraient plus en mesure de lutter contre le virus". Autrement dit, les personnes en situation d’incompatibilité seraient les mieux protégées face au virus.
Pour en arriver à une telle observation, ces travaux analysent la transmission du virus à la manière d’une transfusion sanguine : cela aurait ses mêmes conséquences, avec des rejets possibles en fonction des anticorps déjà présents dans le sang. Cette hypothèse a été validée par une nouvelle étude, menée en vie réelle et publiée début janvier. Jacques Le Pendu est directeur de recherche à l’Inserm et au Centre de cancérologie et d’immunologie de Nantes. Il est l’un de ses auteurs : "Nous avons pris des personnels hospitaliers infectés, vivant en couple et qui l’ont transmis ou pas à leur conjoint. C’était une cohorte de 333 couples, tous infectés entre la première vague et le mois de mai 2021. Ce qui nous intéressait ici, c'était qu’ils soient compatibles ou incompatibles. Quand la transmission se fait de manière incompatible, on observe alors qu’elle est diminuée de l’ordre de 40 ou 50%."
En réalité, cela est une affaire de nombre. Les personnes de groupe O sont donc les mieux protégées grâce aux anticorps anti-A et anti-B qu’elles possèdent. Mais c'est uniquement parce qu'elles se retrouvent le plus souvent dans une situation d'incompatibilité. Elles représentent 42% de la population en France, ce qui signifie que dans 58% des cas, elles sont en présence de personnes A, B ou AB, face à qui elles sont mieux protégées. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’en matière de transfusion sanguine, elles sont considérées comme des donneurs universels, mais pas comme des receveurs universels. Face au Covid, les groupes A se retrouvent, eux, moins souvent protégés. "Leur seule situation d’incompatibilité est de recevoir le virus de personnes de groupe B ou de groupe AB, ce qui représente seulement 11% des cas", souligne Jacques Le Pendu.
Une telle protection, fonctionnant à la manière d’une transfusion sanguine, s’était déjà observée pendant le premier...
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