Le 7 mars 2024, le Premier ministre suédois Ulf Kristersson a salué ce qu'il considère comme une nouvelle ère pour son pays après que celui-ci soit devenu le 32e membre de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN).
Il s’agissait d’une transformation passionnante, d’autant plus qu’elle intervenait après deux siècles de neutralité puis de non-alignement militaire, et après deux ans de négociations pour rejoindre un pays qui tenait depuis longtemps à éviter de provoquer la colère de son plus grand voisin, la Russie.
Aujourd'hui et demain, la Suède accueillera pour la première fois une réunion de l'OTAN pour confirmer son rôle croissant au sein de l'alliance, qui traverse une étape difficile. Il s'agit d'une réunion tenue au niveau des ministres des Affaires étrangères en préparation du sommet organisé par la Turquie les 7 et 8 juillet prochains.
Mais l’atmosphère qui règne aujourd’hui sur le continent européen n’est plus empreinte du même enthousiasme et du même élan, car l’Atlantique se trouve désormais nu face au « moment de vérité », où l’escalade de la menace russe croise les signes du « retrait américain » qui redessine les équilibres géopolitiques dans le monde.
C’est pourquoi les membres de l’OTAN se réunissent cette fois-ci et de nombreuses questions se posent : l’alliance est-elle toujours aussi cohésive qu’elle l’était ? L’Europe peut-elle se défendre si Washington décide de reculer ou de réduire son rôle ? Ou bien le vieux continent entre-t-il réellement dans la phase de recherche d’alternatives de sécurité sans précédent ?
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio avant de partir pour la Suède pour assister à la réunion de l'OTAN (français)Depuis le déclenchement de la guerre russo-ukrainienne en 2022, l’OTAN semble avoir retrouvé la raison pour laquelle elle a été créée : faire face à la menace russe. Après des années à parler de « mort cérébrale de l’OTAN », expression utilisée par le président français Emmanuel Macron en 2019, l’alliance est revenue au premier plan en tant que principal parapluie de sécurité de l’Europe.
Mais ce retour s’est accompagné de craintes profondes, car la guerre a montré que l’Europe, malgré sa puissance économique, est encore presque entièrement dépendante des États-Unis sur le plan militaire, du renseignement et de la logistique. Il a également révélé que les armées européennes souffrent d’un manque de munitions, de systèmes de défense aérienne et de capacités industrielles nécessaires pour mener une longue guerre.
En revanche, la Russie, dirigée par Vladimir Poutine, semblait plus disposée à supporter le coût de la confrontation, que ce soit par le biais d’une économie axée sur la guerre ou par le biais d’un renforcement de la coopération militaire avec la Chine, la Corée du Nord et l’Iran.
L’adhésion de la Finlande puis de la Suède à l’OTAN a donc constitué un énorme changement stratégique en Europe du Nord. Les deux pays, qui avaient évité pendant des décennies de s’allier à des alliances militaires, ont décidé que la guerre en Ukraine avait complètement cha...
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