Nesma* joue attendrie avec son bébé sur les genoux. Il a les yeux et le sourire de sa mère mais rien de son père, l'un des trois combattants paramilitaires qui l'ont violée en réunion il y a deux ans à Khartoum.
"J'ai vu leurs visages. Je me souviens très bien d'eux", raconte cette diplômée de 26 ans à l'AFP qui a pu rencontrer plusieurs victimes de viols à travers le Soudan en guerre.
Le petit Yasser est l'un des milliers d'enfants nés de viols depuis le début des combats entre l'armée soudanaise et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) en avril 2023.
Nesma avait fui la capitale soudanaise avec sa famille au début de la guerre. Un an après, elle a dû y retourner pour récupérer des documents officiels. Là, au milieu des usines du nord de Khartoum, des combattants des FSR arrêtent son bus, demandent aux voyageurs de descendre, séparent les hommes des femmes. Nesma subit l'assaut de trois agresseurs avant de perdre connaissance. "Je suis revenue à moi le lendemain matin. L'un des passagers du bus gisait à terre, abattu d'une balle."
Son récit correspond au mode opératoire des combattants des FSR qui, selon des experts de l'ONU, ont mené des violences sexuelles systématiques au Soudan. Le traumatisme a été tel pour la jeune femme qu'elle n'a réalisé sa grossesse qu'au bout de cinq mois. Jusqu'à la veille de sa césarienne, elle n'était pas sûre de garder le bébé.
"Et puis, j...
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