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Laissons danser la jeunesse - L'Humanité
Humanite -
05/05
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La France mobilise ses forces de l’ordre et, au moment où s’écrivent ses lignes, verbalise des jeunes gens quittant l’ancien champ de tir où ils se sont réunis quelques jours pour l’affreux délit de danser. On criminalise la fête, si elle ne s’effectue pas dans les lieux – souvent très onéreux – où elle est censée être parquée.
Alors que le pays déclare faire de la santé mentale une priorité nationale, une jeunesse qui a connu dans l’enfance le traumatisme du confinement, qui a vécu ses années de collège ou de lycée, décisives pour la constitution de soi et de ses amitiés, dans l’isolement et la solitude, se trouve sanctionnée, souvent méprisée, parce que ses aspirations à se retrouver et ses rites ne ressemblent pas à ceux de ses aînés. Une collectivité improvisée, pacifique et joyeuse dessine pourtant dans ces rendez-vous le visage d’une société pacifiée.
L’argument selon lequel circule dans ses fêtes un condamnable trafic de narcotique ne tiendrait que si une même énergie était mise en œuvre à la sortie des boîtes de nuit, des férias ou des banquets légaux, voire des salles de traders.
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