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La décision de mercredi à 6 contre 3 dans l’affaire Louisiana c. Callais restera dans l’histoire comme l’une des décisions de la Cour suprême les plus pernicieuses et les plus dommageables du siècle dernier. Les six juges nommés par les Républicains ont souscrit à l’avis du juge Samuel Alito, vidant de leur contenu ce qui restait des protections de la loi sur les droits de vote pour les électeurs minoritaires, tout en prétendant qu’ils apportaient simplement des modifications techniques à la loi.
Cette décision blanchira les salles du Congrès, les législatures des États et les organes locaux comme les conseils municipaux, en mettant fin aux protections de l'article 2 de la loi, qui avait fourni une voie pour garantir que les électeurs de couleur bénéficieraient d'une représentation rudimentaire et équitable. C’est le point culminant de l’œuvre de la vie du juge en chef John Roberts et de Samuel Alito, qui ont fait preuve d’une résistance persistante à l’idée des États-Unis en tant que démocratie multiraciale et d’une volonté effrontée de rejeter le jugement du Congrès selon lequel une représentation équitable des électeurs minoritaires nécessite parfois une législation soucieuse de la race. Il donne le feu vert à de nouvelles manipulations partisanes. Il protège le noyau de base d’Alito : les électeurs républicains blancs lésés. C’est un désastre pour la démocratie américaine.
Pour comprendre l’importance de ce que l’Amérique a perdu à Callais, il faut revenir un peu sur l’histoire. Après la guerre civile, le Congrès a adopté les amendements de reconstruction : le 13, abolissant l'esclavage ; le 14, exigeant que les États, e...
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