Que se passe-t-il au Mali ?

Aljazeera - 29/04
Ce qui se passe au Mali n’est pas seulement une escalade du niveau de violence, mais aussi un changement dans la nature de la guerre elle-même.

La crise malienne, telle que la présente le chercheur Sidi Ahmed Ould El Amir dans son étude publiée par le Centre d'études d'Al Jazeera, n'est plus seulement une rébellion armée dans les périphéries ou un conflit traditionnel en marge, loin de l'État. Il s’agit plutôt d’une épreuve existentielle qui affecte la structure même du pouvoir. Les attaques coordonnées dont le pays a été témoin fin avril 2026 n’étaient pas un événement militaire passager, mais plutôt l’annonce du passage de la guerre des périphéries au centre, et de l’épuisement de l’armée à la menace du système politique dans ses profondeurs.

Cette transformation est la clé pour lire l’ensemble de la scène, car elle révèle que ce qui a été présenté pendant des années comme une crise sécuritaire maîtrisable, est aujourd’hui devenue une crise d’État, dans laquelle les niveaux militaire, politique, social et économique se chevauchent, et soulève une question directe : l’autorité de Bamako est-elle encore capable de tenir les ficelles du pays ?

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Changer les règles de la guerre

Sidi Ahmed Ould El Amir montre que ce qui se passe au Mali n’est pas seulement une escalade du niveau de violence, mais un changement dans la nature même de la guerre. La « Jama'at Nusrat al-Islam wal-Muslimin » est passée d'une logique d'attaques sporadiques à une stratégie basée sur l'étouffement, où le but n'est plus seulement d'infliger des pertes à l'armée, mais aussi de perturber la capacité de fonctionnement de l'État.

Dans ce contexte, les routes ne sont plus de simples voies de transport mais sont devenues des champs de bataille, le carburant n’est plus une marchandise économique mais plutôt un outi...
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