Comment un peintre moqué s’est imposé comme un créateur de chefs-d’œuvre : « Plus personne ne rit »

Lara Marlowe - The Irish Times - 19/04
Henri Rousseau : L’ambition d’un peintre, à l’Orangerie de Paris, met en lumière les réalisations de l’artiste

Henri Rousseau abandonne son métier de petit percepteur des vins débarqués des bateaux sur la Seine, à Paris, en 1893, alors qu'il a 49 ans. Il souhaite se consacrer à plein temps à sa passion pour la peinture, qu'il a reprise huit ans plus tôt.

Rousseau expose au Salon des Indépendants, l'exposition annuelle où l'entrée est ouverte à tous, sans sélection par jury. Ses premières œuvres ont été ridiculisées, mais pendant deux décennies, ses œuvres sont devenues l'un des principaux centres d'intérêt du salon. En 1910, dernière année de la vie de Rousseau, il expose Le Rêve, un tableau représentant une femme nue allongée, comme l’Olympia de Manet, dans la jungle. « Personne ne rit plus », écrivait le poète et critique d'art Guillaume Apollinaire. "Tous sont unanimes. Ils l'admirent."

La grande toile de Rousseau intitulée La Guerre fait sensation au Salon des Indépendants en 1894. L’artiste a servi brièvement dans un régiment d’infanterie français, mais il n’a jamais vu de bataille. Il avait pourtant vu des cadavres alignés dans les rues de Paris lors de la guerre franco-prussienne de 1870, ce qui le transforma en pacifiste.

La guerre montre une cavalière folle posée en amazone au-dessus de son cheval, brandissant une épée et une torche fumante tandis que le cheval noir galope à travers un champ de décombres et de cadavres. Les corbeaux boivent le sang des membres coupés. Les nuages ​​semblent teintés de sang. « La guerre passe, terrifiante, laissant partout le désespoir, les larmes et la ruine », écrit Rousseau dans sa description.

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Aujourd’hui, alors que les guerres font rage au Moyen-Orient, en Ukraine et ailleurs, la peinture de Rousseau reste une déclaration picturale terrifiante sur l’horreur des humains massacrant leur propre espèce, rivalisée seulement par le Guernica de Picasso.

Dans son autre grand tableau allégorique, intitulé Les représentants étrangers saluent la République en signe de paix, Marianne, symbole de la France, tient un rameau d'olivier au-dessus de l'homme qui était alors président, Armand Fallières, et de responsables d'Europe, d'Asie et d'Afrique. Les critiques pensaient que le tableau faisait allusion à la deuxième conférence de paix de La Haye. Rousseau voulait le vendre à l'État, mais il fut acheté par le marchand d'art Ambroise Vollard, qui le revendit à Pic...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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