Neal Slavin est un pionnier de la photographie de groupe.
Les portraits de cet Américain font référence dans l'histoire de l'usage de la couleur et offrent un regard sans complaisance mais incisif sur les structures sociales et politiques de son pays natal.
Le Kunstpalast de Düsseldorf, en Allemagne, accueille actuellement l'exposition Photography and Belonging (source en anglais)(source en anglais)target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://eur03.safelinks.protection.outlook.com/?url=https%3A%2F%2Fwww.kunstpalast.de%2Fen%2Fevent%2Fcommunity-photography-and-community%2F&data=05%7C02%7Ctokunbo.salako%40euronews.com%7C658291a91ff44c2a81a708de6353a2db%7Ce59fa28a32ed49aca5a09c46118cfecf%7C0%7C0%7C639057408405220768%7CUnknown%7CTWFpbGZsb3d8eyJFbXB0eU1hcGkiOnRydWUsIlYiOiIwLjAuMDAwMCIsIlAiOiJXaW4zMiIsIkFOIjoiTWFpbCIsIldUIjoyfQ%3D%3D%7C0%7C%7C%7C&sdata=8TkCU37k2kvPXysN0YM4PVAL3W8diKWP8C14Oh9XJvY%3D&reserved=0" tooltip="https://eur03.safelinks.protection.outlook.com/?url=https%3A%2F%2Fwww.kunstpalast.de%2Fen%2Fevent%2Fcommunity-photography-and-community%2F&data=05%7C02%7Ctokunbo.salako%40euronews.com%7C658291a91ff44c2a81a708de6353a2db%7Ce59fa28a32ed49aca5a09c46118cfecf%7C0%7C0%7C639057408405220768%7CUnknown%7CTWFpbGZsb3d8eyJFbXB0eU1hcGkiOnRydWUsIlYiOiIwLjAuMDAwMCIsIlAiOiJXaW4zMiIsIkFOIjoiTWFpbCIsIldUIjoyfQ%3D%3D%7C0%7C%7C%7C&sdata=8TkCU37k2kvPXysN0YM4PVAL3W8diKWP8C14Oh9XJvY%3D&reserved=0"> qui présente une large partie de son travail, devenu un témoignage essentiel pour comprendre les dynamiques sociales de la fin du XXe siècle.
Cette année paraît une édition revue pour le 50e anniversaire de son ouvrage fondateur « When Two or More Are Gathered Together », et, pour marquer l'occasion, Slavin s'est entretenu avec Euronews Culture du passé, du présent et de l'avenir de la photographie.
Quand « When Two or More Are Gathered Together » est paru pour la première fois, en 1976, le livre est rapidement devenu une référence de la photographie couleur naissante. Qu'est-ce qui vous a amené, à l'origine, à photographier des groupes plutôt que des individus ?
Pour commencer, mettons les choses au clair. Il y a un abus de langage, une erreur : un groupe, ce sont des individus. Et je crois que, lorsqu'ils font des photos de groupe, même les photographes qui rassemblent des gens pour les photographier sont tellement préoccupés par la composition et la formation du groupe qu'ils en oublient que, quel que soit le nombre de personnes présentes, ce sont avant tout des individus.
Je n'ai pas vraiment de réponse à la question de savoir ce qui m'a poussé à photographier des groupes, si ce n'est que j'ai été fasciné le jour où j'ai vu une troupe de Boy Scouts photographiée une dizaine d'années avant que je ne tombe sur cette image panoramique. Cela m'a absolument intrigué. Ce que je voyais surtout, c'était 32 garçons, ou quel que soit le nombre de jeunes garçons qu'il y avait. La première chose qui m'a frappé, c'est la mémoire. Je me suis dit : « C'est fantastique, mais où sont ces garçons aujourd'hui ? Ils ont 11 ans de plus. Qu'est-ce qu'ils sont devenus ? » Et, soudain, cela s'est raccordé à ma conception de la photographie comme mémoire.
Toute photographie, plus que tout autre médium – peinture, cinéma, musique, peu importe – fait surgir la mémoire mieux que n'importe quoi et permet de revivre encore et encore un moment. Autrement dit, elle fait sans cesse revivre l'expérience au spectateur. C'est ce qui m'a conduit à photographier des groupes, c'est-à-dire des individus au sein d'un groupe.
Au début des années 1970, la photographie couleur se battait encore pour être reconnue dans le monde de l'art. Aviez-vous conscience de travailler avec, ou à contre-courant, de ce moment photographique ?
Très conscient. Je pense qu'il y avait une quinzaine ou une vingtaine de photographes prêts, comme moi, à se lancer dans la couleur. La couleur servait surtout d'outil commercial pour la publicité, mais pas pour la « photographie sérieuse », entre guillemets. Nous nous sommes attiré pas mal de critiques de la part des anciens, qui nous disaient que ce n'était pas un travail sérieux.
D'abord, que les photos ne tiendraient pas dans le temps parce qu'elles n'étaient pas archivables. Mais nous, les jeunes, ce...
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