Il est libre, Bussi. Impossible de l'enfermer dans une case. Des sauts de cabri de ses polars aux pas de côté en roman jeunesse, il s'est lancé dans la résolution de l'énigme de la mort de Saint-Ex cet automne (Code 612. Qui a tué le Petit Prince ?) et réveille l'hiver avec une nouveauté : un roman d'anticipation, Nouvelle Babel. On pourrait raconter son histoire, double. D'un côté, une enquête sur l'assassinat de retraités, que l'on suit depuis la Polynésie française, même si ce « depuis » de localisation géographique n'a plus guère de sens dans ce livre. De l'autre côté, Cléo, une institutrice – la profession de la mère de Bussi –, jeune femme aux velléités d'indépendance coincée par les diktats maternels.
Mais ce qui compte, comme dans 1984 d'Orwell, c'est le monde que Bussi nous propose. Foin de voitures volantes – Franky Zapata à la trappe, l'espace a été aboli par la mise au point de la téléportation quantique. Un polar dystopique si l'on veut, mais surtout une intrigue pétrie du questionnement passionnant d'un ex-universitaire et directeur de recherche au CNRS. C'est le géographe de formation qui s'exprime ici. Chaque individu est libre de se téléporter avec son bracelet GPS. Les fuseaux horaires n'existent plus, les villes sont devenues inutiles, mais un enjeu demeure : la sécurité de l'espace privé. La Terre a rétréci : le cartographe a pris sa revanche.
Nouvelle Babel, de Michel Bussi (Presses de la Cité, 446 p., 21,90 €).Michel Bussi, invité exceptionnel du « Live polar »
Après les stars Michael Connelly, John Grisham, ou encore Gui...
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