Nous sommes en 2021, et Suzanne Simard est dans un véhicule de police, escortée hors d’un site de manifestation à Fairy Creek, sur l’île de Vancouver, où des militants sont enfermés dans une impasse avec le groupe Teal-Jones, une entreprise forestière industrielle. Elle décide de donner son avis à l'agent qui l'a appréhendé – comme seul un écologiste forestier canadien sérieux peut le faire. « Il faut des décennies pour que les forêts coupées à blanc cessent d’émettre plus de carbone qu’elles n’en séquestrent, et des siècles encore pour retrouver la résistance des peuplements d’origine à l’absorption », lui dit-elle. "Nous n'avons pas de décennies pour que ces forêts se remettent des coupes à blanc. Dans les centaines d'années qu'il faut à une forêt pour mûrir, notre planète pourrait se réchauffer de plus de cinq degrés Celsius."
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