Dans la politique internationale contemporaine, le langage de l’égalité des sexes est apparu de plus en plus dans le vocabulaire moral de la guerre au cours des dernières décennies. Les gouvernements occidentaux et les commentateurs politiques ont présenté les interventions militaires comme nécessaires non seulement pour la sécurité mais aussi pour la protection des femmes et des filles dans des sociétés décrites comme oppressives ou patriarcales.
Ce discours présente l’intervention comme une forme de responsabilité humanitaire. Pourtant, lorsque l’on examine les conséquences matérielles de telles interventions, une profonde contradiction apparaît.
Le récent bombardement d’une école primaire pour filles à Téhéran lors des frappes américaines et israéliennes démontre clairement cette contradiction. Alors que les écoliers deviennent les victimes de guerres impériales justifiées rhétoriquement par le langage de la libération des femmes, les fondements éthiques de telles affirmations exigent un examen sérieux.
L’utilisation des droits des femmes comme justification morale d’une intervention militaire n’est pas nouvelle. Depuis le début des années 2000, le discours de politique étrangère occidentale a invoqué à plusieurs reprises la condition des femmes musulmanes comme preuve de la nécessité d’une intervention extérieure.
L’invasion de l’Afghanistan en 2001 reste l’un des exemples les plus marquants. Les dirigeants politiques et les médias ont constamment souligné l’oppression des femmes afghanes sous le régime taliban comme justification centrale de la guerre. Des images de femmes voilées ont largement circulé dans les médias occidentaux. De telles représentations ont réduit les femmes afghanes à des victimes passives attendant d’être secourues et ont contribué à ...
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