« J'ai entendu dire qu'elle parlait 25 langues. » Neuf ans après, la pique de Garbine Muguruza, excédée par sa défaite en huitièmes de finale de Roland-Garros 2017 et les « forza » gutturaux de Kristina Mladenovic, reste savoureuse. Mais derrière le sarcasme de l'Espagnole pointait une autre réalité, bien tangible cette fois, celle d'une élite du tennis pas ridicule en langues.
Il y a d'abord l'anglais, l'idiome d'un circuit mondialisé qui offre de multiples occasions de progresser. Sans vouloir lancer une guéguerre entre sports, les débuts de Rafael Nadal ou de Carlos Alcaraz dans la langue de Shakespeare furent poussifs mais contrairement à des Zinédine Zidane, Lionel Messi ou Karim Benzema, les Ibériques ont bien été obligés de s'y mettre.
« Ce n'est pas si naturel pour les Espagnols de parler anglais, allègue la Suissesse Jil Teichmann, 21e mondiale en 2022, qui maîtrise six langues (allemand, suisse allemand, français, catalan, castillan, anglais) et a vécu à Barcelone, où elle est née. Récemment j'ai entendu Alcaraz s'exprimer en anglais et je me suis dit qu'il avait beaucoup progressé. Le circuit aide pas mal avec les conférences de presse, les interviews d'après match, les RP. Et puis, le tennis reste un sport individuel. Au début, tu n'as pas une fédération ou un club qui organise tout pour toi, réserve tes hôtels, tes billets d'avion. Ça te force à pratiquer et à te débrouiller. »