Il fut un temps, il n’y a pas si longtemps, où l’atterrissage à Pékin ne figurait pas à l’ordre du jour prioritaire des dirigeants occidentaux. La Chine apparaissait comme l'usine du monde, mais elle était un partenaire commercial inconfortable, davantage cité dans les rapports sur les droits de l'homme que dans les affaires diplomatiques de première ligne. Des visites officielles existaient, mais elles étaient sporadiques. La photo exposée au Grand Palais du Peuple n'a pas fait la une des journaux et de nombreux dirigeants occidentaux, qui regardaient avec méfiance et une certaine condescendance, se sont rendus chez le géant asiatique plus par obligation économique que par conviction stratégique.
Les États-Unis ont monopolisé l’architecture internationale pendant de nombreuses décennies et l’Union européenne s’est sentie très à l’aise sous son égide. Mais le paysage actuel est radicalement différent. Pékin est devenue une étape incontournable des tournées annuelles des principaux dirigeants mondiaux. Les mêmes alliés qui gravitaient sans problème autour de Washington frappent désormais sans complexe à la porte du régime de Xi Jinping.
Depuis décembre, le mouvement des avions officiels est constant. Emmanuel Macron, Mark Carney, Keir Starmer et cinq autres dirigeants étrangers de premier plan se sont rendus dans la capitale chinoise. Plus tard ce mois-ci, Friedrich Merz, le chancelier allemand, le fera également. Le pays asiatique se vante de dérouler le tapis rouge aux dirigeants de n’importe quel pays, quelle que soit sa taille ou sa richesse. Mais les tentacules médiatiques du Parti communiste au pouvoir ne cessent de nous rappeler qu’une série de visiteurs se réunissent comme jamais auparavant – les dir...
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