La publication par l’administration Trump de millions de documents issus du dossier Jeffrey Epstein, le 30 janvier, a déclenché une déflagration planétaire. La présence dans ces documents des noms de centaines de personnalités internationales (politiques, diplomates, hommes d’affaires, etc.) a mis au jour l’ampleur du réseau des relations développé par le financier et criminel sexuel, six ans après son suicide en prison, en août 2019.
Mais une grande confusion règne sur la portée des révélations apportées par ces documents inédits, désormais accessibles à tout un chacun. Au point d’entretenir des amalgames sur les responsabilités exactes des personnes qui y apparaissent. Si les « Epstein Files » permettent d’éclairer les complaisances, les liens d’intérêts et parfois même la corruption de nombreux individus, ils sont loin d’être une liste de complices des crimes sexuels de Jeffrey Epstein. Explications.
L’affaire Epstein doit son nom à l’homme d’affaires new-yorkais Jeffrey Epstein. Celui-ci a fait fortune dans la finance, principalement en détournant au fil des ans des fonds de gros portefeuilles dont il avait la gestion. L’homme a amassé au total plus de 500 millions de dollars, qu’il a ensuite réinvestis dans des actions et diverses acquisitions immobilières mais qui lui servaient surtout à développer son carnet d’adresses : philanthropie, dons à des campagnes politiques, participation à des soirées mondaines…
En 2005, il est visé par une première plainte déposée par les parents d’une adolescente de 14 ans affirmant avoir été agressée sexuellement par le millionnaire. L’affaire se conclut en 2008 par un plaider-coupable de Jeffrey Epstein pour « sollicitation de prostitution » et « incitation de mineur à la prostitution », dans le cadre d’un accord (tenu secret) avec la justice de Floride, qui lui permet d’éviter des poursuites fédérales.
Après treize mois en prison, Jeffrey Epstein ressort libre en 2009, avec une assignation à résidence d’un an et une inscription au registre des délinquants sexuels. Il est alors visé par de nouvelles accusations de violences sexuelles sur des mineures, mais la plupart des procédures engagées se solderont par des accords financiers.
En 2018, le Miami Herald identifie 80 femmes déclarant avoir été victimes du financier et relance le travail ...
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