La ville elle-même n’est ni à gauche ni à droite. S’il était possible de le calculer, son idéologie se situerait dans une moyenne changeante des gens qui y vivent, qui votent pour lui, qui le visitent, qui en parlent ou écrivent à un moment donné. La ville à midi n’est pas la même que la ville à minuit. Ce n’est pas non plus le cas des pluies persistantes qui brûlent la sécheresse. Il n’existe toujours pas d’ordinateur quantique capable d’attribuer à chaque ville sa place sur le spectre idéologique.
Nous, citoyens, sommes nous-mêmes une idéologie mutante, selon l’humour avec lequel nous affrontons chaque heure de la journée. Seule la fiction peut oser définir l’essence d’une ville. L'un des livres du moment, La Ville aux lumières mortes (Destino), de David Uclés, prend cette licence et superpose toutes les Barcelone possibles en seulement 24 heures. Mais au-delà de la ressource littéraire, la ville, à elle seule, n’a pas son mot à dire.
Et pourtant, la tradition politique, économique, sociale, culturelle et symbolique fait qu’à nos yeux les villes se démarquent plus dans un sens que dans un autre. Surtout dans des situations de forte tension géopolitique, comme celle actuelle. C’est dans ce scé...
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