L’Europe est à un tournant. Les élites timides de l’UE devraient tirer les leçons du Léopard

Joseph de Weck - TheGuardian - 26/01
À l’instar de la craintive aristocratie sicilienne du roman épique de 1958, l’Europe s’accroche au statu quo. Mais le déclin géré n’est pas la seule option, estime Joseph de Weck, chercheur au Foreign Policy Research Institute.

A peine passé le quart de siècle, l’Europe semble se trouver à un tournant. Depuis des décennies, sa part dans le PIB mondial diminue et son influence géopolitique s’érode. À un certain point, le déclin relatif peut se transformer en déclin absolu. Ce moment approche peut-être.

Les États-Unis, la Russie et la Chine sont ouvertement engagés dans une « ruée vers l’Europe ». Moscou cherche à réaffirmer son hégémonie à l’Est. Pékin veut l’industrie européenne ; Washington exige l’obéissance – et le Groenland aussi. Les Allemands sont de plus en plus inquiets quant à l’avenir. Une France désorientée ne parvient pas à fixer son budget. Désespérée de croissance, Bruxelles démantèle la législation climatique adoptée il y a seulement quelques années tout en se mettant en quatre pour apaiser Donald Trump. Il ne reste plus grand-chose de la dignité européenne – un sentiment de déclassement commence à s’installer.

C’est peut-être la raison pour laquelle la récente adaptation Netflix du chef-d’œuvre de Giuseppe Tomasi di Lampedusa de 1958, Il Gattopardo, Le Léopard, trouve un écho auprès du public à travers le contin...
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