Peu de réalisateurs en activité actuellement méritent autant le titre de « héros culte » que Ben Wheatley. Au cours d'une carrière de plus de 15 ans, le cinéaste britannique a touché à presque tous les genres et styles cinématographiques imaginables : horreur psychédélique (A Field in England, In the Earth), vidéos crasseuses (Kill List), thrillers élégants et armés (Free Fire), hommages meurtriers à Mike Leigh (Down Terrace, Sightseers), adaptations littéraires (Rebecca, High-Rise) et même un énorme film de monstres en studio (Meg 2 : La Tranchée).
Le dernier film de Wheatley renforce encore ce statut culte. Bulk est un hybride de science-fiction-noir-paranoïaque-thriller résolument DIY, mettant en vedette Sam Riley dans le rôle d'un journaliste d'investigation chargé de sauver un scientifique de sa propre création multidimensionnelle défectueuse. Avec ses cartes de titre manuscrites, ses dialogues superposés, ses effets spéciaux en plastique collant et son ambiance générale d'expérimentation formelle, Bulk existe à un monde éloigné de la réalisation cinématographique la plus moderne. Même son mode de diffusion semble loin d'être celui du grand public : au lieu d'une sortie standard, le film est en pleine tournée dans des cinémas indépendants à travers le Royaume-Uni et l...
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