En vingt-trois ans, la consommation de cocaïne a été multipliée par plus de cinq en France. Elle est partout, et pourtant, l’État n’arrive pas à y faire face. Un problème souligné dans un nouveau rapport, publié ce jeudi 22 janvier par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Commandé par la Mission interministérielle de lutte contre les drogues (Mildeca) et le ministère de la Santé, cette expertise de 322 pages est le fruit d’un travail titanesque, qui vise à donner des outils aux autorités pour améliorer la lutte contre ce fléau. Plus de 2 600 publications scientifiques internationales ont été passées au peigne fin par un groupe pluridisciplinaire d’épidémiologistes, sociologues, économistes et addictologues, qui ont analysé les profils des usagers, les marchés et filières d’approvisionnement, les dommages sociaux et les politiques de prévention et de répression.
Le constat est sans appel. En 2000, 1,8 % des adultes de 18 à 64 ans déclaraient avoir expérimenté la substance au moins une fois dans leur vie. En 2023, ce chiffre atteint 9,4 %, soit plus de 1,1 million de Français. Face à cette montée en puissance perdure un problème de taille : le vide thérapeutique. Car contrairement à l'héroïne, pour laquelle des médicaments (méthadone, buprénorphine) permettent une substitution efficace, ou au tabac avec ses patchs nicotiniques, aucun médicament n'a obtenu d’autorisation de mise sur le marché (AMM) pour traiter la dépendance à la cocaïne. Les dangers sont pourtant graves et documentés : "troubles cardiovasculaires (infarctus du myocarde) et pulmonaires, altérations cognitives, risq...
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