En septembre 2025, le tout premier taxi volant d’Afrique prenait son envol depuis le bitume défraîchi de Kigali, au Rwanda. A son bord, deux personnes, mais aucun pilote : seul l’ordinateur est aux commandes, c’est lui qui actionne les différentes hélices de l’engin, oriente l’habitacle, le fait bondir, rugir, puis le ramène délicatement au sol. Curieux objet, que cette boîte de conserve mi-citadine, mi-hélicoptère : en dehors des grands axes, Internet disparaît, les routes se font rares et pourtant, voilà le futur qui débarque, rutilant et féroce, virevoltant à son aise au-dessus de la capitale africaine.
Le véhicule, au design plus efficace qu’esthétique, n’est pas de conception africaine mais chinoise, c’est l’entreprise d'État China Road and Bridge Corporation (CRBC) qui en est à l’origine - quasiment le parti communiste. Qu’importe. Convaincu que les technologies de rupture permettent de sauter des étapes dans le développement, le Rwanda multiplie les partenariats de ce type avec le grand frère asiatique. Avec cette démonstration, applaudie dans tout le Sud global, le pays, futur "hub" aéronautique continental selon ses dires, envoie un message au reste du monde : l’Afrique aussi se tourne vers l’innovation.
Le Rwanda n’est pas le seul pays africain à courir après les avancées technologiques de la nouvelle révolution industrielle, bien au contraire. En mars dernier, l’Afrique du Sud surprenait le reste du monde, en réalisant la transmission quantique la plus longue du monde, 12 900 kilomètres, avec comme destination finale, la Chine, encore elle. Un pont invisible, de quoi rappeler que le quantique n'est pas qu'une affaire de puissance de calcul, et que le pays compte bien trouver des interstices sur lesquels se positionner dans le domaine.
Partout où les finances publiques et ...
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