Plus d'une personne sur trois sera confrontée au cours de sa vie à une maladie du cerveau. Ces pathologies représentent aussi l'une des premières causes de handicap dans le monde, et la deuxième cause de mortalité. Un fardeau qui va encore s'amplifier dans les années à venir, du fait du vieillissement de la population, aussi bien dans les pays riches que dans les pays du Sud. Pourtant, à ce stade, trop de maladies restent encore sans traitements efficaces, contre Alzheimer et les autres formes de démences bien sûr, mais aussi contre un grand nombre de troubles psychiatriques.
La donne est pourtant en train de changer à la faveur de nombreux progrès technologiques qui permettent d'aborder l'ensemble de ces pathologies sous un jour nouveau. Ces nouvelles connaissances révolutionnent notamment la définition des maladies psychiatriques, dont il apparaît de plus en plus clairement qu'elles reposent sur des fondements biologiques tout autant que les maladies neurologiques. "C'est en comprenant mieux les mécanismes impliqués que nous parviendrons à traiter ces pathologies", assure la Pr Stéphanie Debette, qui dirige l'Institut du Cerveau (ICM), à Paris.
Parce qu'il faut maintenant accélérer et capitaliser sur ces avancées scientifiques, l'ICM organise durant deux jours à Paris le World Brain Health forum, un grand colloque rassemblant l'élite des neurosciences à l'échelle internationale. L'occasion pour Stéphanie Debette de faire le point sur les dernières avancées, et sur les progrès que l'on peut espérer pour les années à venir. Entretien.
L'Express : Du fait des progrès des connaissances sur le fonctionnement du cerveau, les frontières entre les maladies neurologiques et les maladies psychiatriques semblent progressivement s’effacer. C’est une révolution ?
Stéphanie Debette : Les maladies ...
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