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L’opposition tunisienne face à un coup d’État
جمال الطاهر - Aljazeera -
11/01
Alors que le pouvoir fait le pari de reproduire les divisions afin d’assurer leur pérennité malgré la fragilité qui leur est arrivée, le pari principal reste sur la capacité des acteurs politiques et civils à construire un minimum inclusif, solide et solidaire.
Depuis le 25 juillet 2021, la Tunisie vit sous l’impact d’une crise politique étouffante et croissante qui a renvoyé le pays sur le carré de la tyrannie, après un parcours démocratique fragile qui a duré une décennie.
Entre une autorité qui continue d’établir un fait accompli en gouvernant par décrets et en établissant de fausses institutions manquant de représentation et incapables d’influence, et une opposition déchirée par les accumulations avant le coup d’État et les pressions post-coup d’État, de nouvelles caractéristiques dynamiques ont commencé à prendre forme ces derniers mois qui pourraient conduire à un changement des règles de l’engagement politique.
Certains partis d’opposition, qui auparavant se sont croisés dans les hostilités plus qu’ils n’ont convenu de principes, cherchent aujourd’hui à briser la glace de la séparation et à construire des ponts de communication afin de forger un terrain d’entente pour résister au coup d’État et mettre fin au cycle de l’injustice et de la monopolisation du pouvoir.
De l’autre, le pouvoir et ses bras médiatiques et numériques s’activent pour contrecarrer toute tentative de rapprochement, en reproduisant les récits d’intimidation du mouvement Ennahda et en alimentant la division au sein de l’opposition comme condition de la survie du pouvoir et du succès de son projet unilatéral.
Au cœur de cet affrontement, les mouvements se poursuivent sur le terrain politique et social :
Sur le plan politique, l’opposition démocratique laïque a réussi à mobiliser une partie importante de l’opinion publique autour de revendications communes, notamment la libération des prisonniers politiques et l’abrogation du décret 54, qui reflète le début d’un changement qualitatif de l’ambiance politique.
Sur le plan social, les mouvements de contestation se poursuivent à Gabès pour exiger le démantèlement des unités de composés chimiques et la fin de la crise environnementale « meurtrière ». Les mouvements syndicaux continuent également à progresser, la centrale syndicale ayant annoncé une grève générale le 21 janvier de cette année.
Cette nouvelle dynamique au sein de l’opposition tunisienne représente-t-elle le noyau pour la formation d’un large front démocratique capable de créer un véritable équilibre face au coup d’État, ou le système existant réussira-t-il une fois de plus à démanteler ce rapprochement et à le remettre sur le terrain des anciennes divergences ?
Premièrement : une opposition à la recherche de points de convergence et non de sources de désaccord
Depuis des mois, les discussions et les initiatives se mul... [Courte citation de 8% de l'article original]
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