Les pièges de la loi attendent Nicolás Maduro au palais de justice du 500 Pearl Street, dans le Lower Manhattan. Il y a un acte d'accusation. Il y aura des procureurs et des avocats de la défense, un juge et des mémoires. En fin de compte, en fin de compte, et si l’administration Trump ne gâche pas colossalement cette affaire, il y aura probablement une condamnation et une lourde peine de prison.
Mais nous ne pouvons pas perdre de vue ce qui nous a amené ici : la situation surréaliste et pourtant tout à fait prévisible dans laquelle l’administration Trump a enlevé illégalement le leader du Venezuela, un pays qui n’a engagé aucune hostilité avec les États-Unis, sans même l’apparence d’un effort pour obtenir le soutien du public américain ou de ses représentants élus au Congrès, et sans même l’apparence d’un plan déclaré sur la manière dont le pays sera gouverné.
Le Congrès est censé déclarer la guerre en vertu de la Constitution américaine, et nous avons des lois censées restreindre les déploiements militaires unilatéraux sans consultation du Congrès. L’administration Trump a fait fi de ces deux interdictions légales nationales, soit parce qu’elle ne prenait pas la peine d’obtenir le consentement du Congrès, soit parce qu’elle ne pensait pas obtenir les votes. L’administration a également profondément sapé l’ordre juridique international, ce qui risque d’avoir des conséquences partout dans le monde.
« L’action contre le Venezuela est manifestement illégale au regard du droit international et ne peut, de manière plausible ou raisonnable, être qualifiée d’action d’application de la loi », m’a déclaré Philippe Sands, un expert en droit international, à la suite de l’action militaire.
« Quel est le plan maintenant ? » il a continué. « Il suffit de penser au Nicaragua, à l’Afghanistan et à la Libye, entre autres, pour imaginer quelles pourraient être les conséquences et l’encouragement que cela encouragera sûrement d’autres à agir avec un mépris aussi flagrant pour les normes juridiques internationales qui nous lient tous. »
Bien entendu, Trump n’est pas le premier président américain à mettre le Congrès à l’écart sur les questions de guerre et de paix. Étendre les limites du pouvoir exécut...
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