Le 10 octobre 2025, le cessez-le-feu dans la bande de Gaza assiégée est officiellement entré en vigueur sur la base de la proposition de paix en 20 points présentée par le président américain Donald Trump.
Mais dans la pratique, il est vite devenu clair que le cessez-le-feu marquait la transition vers une nouvelle phase de gestion de la guerre, dont le principal mot d’ordre était la démolition. Oui, le rythme des effusions de sang a relativement diminué, même s’il ne s’est pas complètement arrêté, tandis que les taux de destruction ont augmenté.
Ici, la destruction n’est pas aléatoire par le biais de bombardements, mais par une démolition organisée au moyen de bulldozers. C'est la nouvelle phase de la guerre au cours de laquelle les bulldozers blindés Caterpillar D-9 remplacent les chars et les canons.
Quelques semaines après l’entrée en vigueur de l’accord, des images satellite prises par le service BBC Verify ont révélé que les unités de l’armée d’occupation n’avaient pas arrêté leurs opérations dans les territoires qu’elles contrôlent, mais les avaient plutôt intensifiées. Les photos, dont les dernières ont été prises le 8 novembre, documentent la destruction systématique de plus de 1 500 bâtiments résidentiels dans les zones qu’Israël était obligé d’évacuer pendant les étapes de l’accord.
Ceci est étayé par des séquences vidéo documentées montrant des unités du génie israéliennes nivelant des quartiers intacts à l’aide d’excavatrices et construisant de larges couloirs à travers des quartiers résidentiels qui avaient survécu à deux ans de bombardements.
L’une des zones touchées par ce type de destruction systématique est la grande zone d’Abasan située à Khan Yunis, au sud de la bande de Gaza, où des images satellite ont montré que de nombreux bâtiments de la zone ne présentaient aucun dommage structurel ni aucun changement dans leurs caractéristiques jusqu’au cessez-le-feu, avant que les unités militaires sionistes ne les rasent au cours des semaines suivantes.
Dans une autre zone, près d'Al-Biyouk (Al-Nasr), à l'est de Rafah, des images satellite de la BBC montrent la même scène, où plusieurs bâtiments qui semblaient intacts vus du ciel avant le cessez-le-feu ont été détruits. Le même schéma se répète dans la ville de Gaza même, dans le quartier de Shujaiya à l’est, ainsi qu’à proximité de l’hôpital indonésien à la périphérie du camp de Jabalia, où de nombreuses maisons et installations ont été rasées après le cessez-le-feu.
Quant à ce que révèle une analyse de l’agence « Sanad », affiliée au réseau Al Jazeera, à partir de photos prises entre le 5 novembre et le 13 décembre, il s’agit de destructions systématiques dans les quartiers de Shuja’iya et d’Al-Tuffah dans la ville de Gaza, ainsi que dans la ville de Deir Al-Balah, au centre de la bande, jusqu’à la ville de Rafah, au sud.
Ces démolitions entrent dans une catégorie plus large de « violations » du cessez-le-feu commises par l’armée d’occupation, que le bureau des médias du gouvernement à Gaza a dénombré 969 violations au 28 décembre.
La liste des violations comprenait 298 incidents de tirs directs visant des civils, 54 incidents d'incursions menées par des véhicules militaires dans des zones résidentielles et 455 incidents de bombardements et de ciblage de citoyens et de leurs maisons.
En plus de 162 incidents de bombardements et de destructions qui ont touché des maisons, des institutions et des bâtiments civils, et 45 cas de détention illégale effectués par les forces d'occupat...
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