Moins sévère certes mais hautement transmissible, le variant Omicron a brouillé les pistes. Quelle visibilité a-t-on aujourd'hui sur sa dissémination ? Quel rôle joue la vaccination dans la mesure où le prochain virus, remplaçant potentiel d'Omicron, aura acquis un autre avantage évolutif et peut-on espérer atteindre l'immunité collective au niveau mondial ?
Identifié pour la première fois au Botswana et en Afrique du Sud en novembre 2021, le variant Omicron s'est rapidement propagé partout sur la Planète. S'il semble entraîner moins de formes sévères que les précédents variants du SARS-CoV-2, il est beaucoup plus transmissible, ce qui fait peser un risque important sur les hôpitaux. Épidémiologiste et biostatisticien à l'École des Hautes Études en Santé Publique, Pascal Crépey nous explique pourquoi, et fait le point sur la situation française.
Pascal Crépey : Aujourd'hui, nous avons une vision assez précise de la dynamique de ce variant sur le territoire. Mais cela n'a malheureusement pas toujours été le cas ces dernières semaines. En effet, identifier un variant peut se faire de deux façons, soit en lisant totalement sa séquence d'ARN (c'est le séquençage), soit en la passant, littéralement, au « crible » (on parle de criblage), c'est-à-dire en recherchant un certain nombre de mutations prédéfinies, dont l'absence ou la présence vont permettre de catégoriser ce variant sans avoir à le séquencer. Cette dernière approche est plus rapide, le résultat est obtenu en quelques heures, mais a des limites puisqu'elle se focalise sur des quelques mutations déjà connues.
C'est de cette façon qu'on avait pu suivre le variant Alpha : son profil était différent de celui de la souche historique. Dans le cas d'Omicron, la situation était simi...
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