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Le ministre, la honte et le bruit
MSN -
20/12
Il fut un temps où presque tout le monde connaissait la polémique par cœur et où presque personne ne savait ce que le ministre avait réellement dit. La phrase sur les maisons délabrées et les étudiants pauvres circulait seule, amputée du reste, avec la légèreté toxique d’un clip sur les réseaux sociaux. L'indignation est arrivée par vagues, prête à partir, avec des légendes et des jugements moraux déjà écrits...
Il fut un temps où presque tout le monde connaissait la polémique par cœur et où presque personne ne savait ce que le ministre avait réellement dit. La phrase sur les maisons délabrées et les étudiants pauvres circulait seule, amputée du reste, avec la légèreté toxique d’un clip sur les réseaux sociaux. L’indignation est arrivée par vagues, prête à partir, avec des légendes déjà écrites et des jugements moraux alignés. Il y eut aussi un moment où la honte de cet autre semblait inévitable. L’automatisme de penser que c’était « un autre ministre » qui parlait de ceux qui ont moins comme d’un problème et non comme d’une victime du problème. Puis est venu le malaise. Le simple geste de s'arrêter et d'aller tout écouter. Pas la simple citation, mais les vingt minutes au cours desquelles Fernando Alexandre a parlé des résidences universitaires comme espaces d'intégration sociale, de mobilité, de mixité des origines et de lutte contre la ghettoïsation. À un moment donné, la honte a changé de camp. Elle a cessé d'appartenir à quelqu'un d'autre et est devenue la sienne. Le récit... [Courte citation de 8% de l'article original]
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