Sous les projecteurs du court Philippe-Chatrier, Cléo Ginterdaele vit son rêve par anticipation. Une sorte de mélange d'émotions entre le sentiment d'y être et la volonté de vouloir y revenir. Le central de Roland-Garros s'est transformé en un immense podium de mode. En ce début octobre, la Fashion Week vient de tirer son rideau sur Paris, mais la joueuse de tennis-fauteuil de 14 ans défile avec une trentaine de personnes appareillées comme elle.
Tous ces mannequins d'un jour sont « Debout en Bouts » (*) sur la célèbre terre ocre. Sa maman, Delphine, dévoile aussi sa prothèse à paillettes. Mère et fille sont associées sous le regard de Brigitte Macron à l'occasion de ce show organisé par le journaliste de France Télévisions Matthieu Lartot, également amputé, qui a réuni anonymes et célébrités de 9 à 70 ans.
Quatre mois auparavant, Cléo avait marqué l'histoire du Grand Chelem français. La Nordiste de 14 ans a été la première ramasseuse de balles en fauteuil à Roland-Garros, la chouchoute des 280 « ballos » sélectionnés pour la quinzaine. « Je me suis sentie bien, dans mon élément et pas trop différente, souligne encore émerveillée l'adolescente attablée au club-house de sa Ligue des Hauts-de-France. Je ne me sentais pas trop handicapée, ni mise de côté. J'ai même ramassé pour la...
[Courte citation de 8% de l'article original]