Depuis des siècles, l'histoire de la médecine occidentale a été racontée comme une progression continue vers la raison et la science, depuis le Corpus hippocratique et le sanctuaire d'Asclépios (Péloponnèse), haut lieu de la médecine grecque, jusqu'aux blocs opératoires contemporains. Entre ces deux mondes éloignés, l'Antiquité romaine a longtemps été considérée comme une parenthèse : un âge pratique mais brutal, où la chirurgie relevait davantage des champs de bataille romains que des salles d'opération ; et dont la mémoire a en grande partie été effacée dans les textes médiévaux qui ont suivi.
Cette vision est aujourd'hui battue en brèche. Car les fouilles archéologiques – de Pompéi à Rimini, de Bingen à Budapest – ont livré des centaines d'instruments : scalpels, pinces, aiguilles, sondes… Autant d'indices de pratiques chirurgicales élaborées, raisonnées, parfois étonnamment efficaces. Les textes antiques, de Celse à Galien, en décrivent les gestes. Reste à savoir si ces derniers étaient réellement accomplis, et comment.
C'est cette énigme qu'explorent, au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Brest, Muriel Labonnelie, maître de conférences en histoire ancienne et en langue et littérature latines, et Tho...
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