« Pulp Fiction » : comment Tarantino a perverti les codes du polar

Emmanuel Berretta - LePoint - 15/12
FILM D’ÉPOQUE. Avec « Pulp Fiction », à revoir sur TMC, Quentin Tarantino filme des tueurs à gages qui ont des discussions de cafétéria en pleine besogne mafieuse. Et réinvente un genre.

Il y a ce que le cinéma devrait faire, selon les canons sacrés du montage-roi et de l'efficacité narrative, et puis il y a ce que fait Quentin Tarantino en 1994 : exactement l'inverse. Pulp Fiction est un film de gangsters où l'on cause plus qu'on ne tire, un western urbain où les dialogues interminables précèdent systématiquement l'action au lieu de la servir, où les tueurs à gages dissertent sur le système métrique européen, les différentes appellations des burgers, et l'opportunité des massages de pieds pendant que l'horloge du suspense fait du surplace.

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C'est du Leone inversé : au lieu du silence pesant et des regards qui tuent, Tarantino distille une logorrhée pop amusante qui, peu à peu, devient inquiétante. Car on comprend que la futilité des conversations annonce l'horreur. Trente ans après s...
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