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La famille d’Abdullah Hussein al Akhras savait qu’il était mort en prison, mais elle n’avait jamais vu les photographies de son corps émacié gisant sur le sol, un code manuscrit apposé sur lui.
Ce père de deux enfants fait partie d’une nouvelle collection de dizaines de milliers d’images de détenus affamés, torturés et assassinés qui ont péri dans les prisons et centres de détention syriens de l’ère Assad.
Les nouvelles photographies pourraient fournir davantage d’informations aux membres des familles sur le sort des proches disparus, et davantage de preuves indéniables au reste du monde sur les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre perpétrés par le régime d’Assad, qui a eu recours à la détention et à la torture pour semer la peur et maintenir le contrôle.
Ils étaient conservés sur un disque dur par un ancien colonel de la police militaire syrienne. L'homme, qui s'est exprimé sous couvert de l'anonymat, les a divulguées à la chaîne de télévision allemande NDR, qui a partagé les photographies avec le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), dont The Irish Times est partenaire.
L’Irish Times a pris connaissance de l’existence des photographies divulguées en octobre et a plaidé pour que les familles des victimes soient consultées au sujet de leur libération.
Les données sont également en possession du Centre syrien d'études et de recherches juridiques, une organisation non gouvernementale dirigée par l'avocat syrien des droits de l'homme Anwar al-Bunni, ainsi que du procureur général fédéral allemand. L’Allemagne dispose d’une compétence universelle, ce qui signifie qu’elle peut poursuivre certains crimes graves commis partout dans le monde.
L’ICIJ a également eu accès à des dizaines de milliers de dossiers divulgués par les agences de renseignement syriennes. Il n’est pas clair si les autorités syriennes disposent des photographies et des documents ni comment elles les obtiendront. Une liste de plus de 1 500 noms de personnes décédées ou dont les arrestations ont été enregistrées a été partagée avec l’Institution indépendante des Nations Unies pour les personnes disparues en Syrie, le Réseau syrien pour les droits de l’homme et l’initiative dirigée par les survivants Ta’afi.
Le nombre total de photographies est nettement supérieur à la quantité introduite clandestinement par un transfuge militaire du nom de code César, dont l'existence a été connue en janvier 2014, provoquant un tollé mondial.
Plus de 33 000 photographies d’anciens détenus sont incluses dans la nouvelle fuite, avec plus de 70 000 photographies au total, et la plupart auraient été prises entre 2015 et 2024. Au moins 10 212 détenus sont photographiés, selon une analyse réalisée par des journalistes. La majorité d'entre eux ne sont pas identifiés par des noms mais par des numéros inscrits sur du papier blanc ou sur du matériel apposé s...
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