Chroniqueur et humoriste sur France Inter, Tanguy Pastureau s'est imposé grâce à son sens de l'absurde, son ironie douce-amère et une façon unique d'observer l'époque. On le connaît pour ses textes affûtés, mais aussi pour son goût du contre-pied, qu'il déploie dans son livre L'art d'avoir toujours raison quand on est de droite (éditions du Rocher), traité facétieux sur nos réflexes idéologiques. Rencontre avec un esprit libre, qui cultive le décalage sans renoncer à la tendresse.
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Le Point : Quel est votre premier souvenir culturel marquant ?
Tanguy Pastureau : Enfant, j'étais obsédé par les chanteurs du Top 50. Mes parents, eux, étaient des intellectuels de gauche qui méprisaient un peu ça. Pendant des mois, j'ai réclamé un live de Jean-Jacques Goldman, je crois que c'était celui de 1986. Ils ont résisté, puis ont fini par céder. Pour moi, c'était une sorte de consécration. Eux n'y voyaient rien de tout ça, ils détestaient que j'écoute Goldman. Mais j'étais heureux avec mon vinyle. C'était mon premier acte de résistance, ma première victoire culturelle contre mes parents, qui jusque-là contrôlaient mes goûts.
Vous vous souvenez de ce qu'il y avait sur cet album ?
Oui. Un double live, avec "Veiller tard" et "La Vie par procuration" en version scène, qui était même sortie en single. Le disque était rayé. Certaines chansons, je ne les ai longtemps connues qu'avec des sauts, ce qui leur donnait un charme étrange. Quand je les ai en...
[Courte citation de 8% de l'article original]