Le journal d’investigation Proekt a publié un rapport à succès sur l’élite russe, qui révèle que 76 % des 1 329 hauts fonctionnaires avaient « des proches qui travaillent également dans l’administration gouvernementale, dans des entreprises liées à des contrats d’État… ainsi que d’autres signes de conflits d’intérêts potentiels ».
Les journalistes sont allés plus loin en affirmant que le népotisme avait atteint des niveaux records depuis l’ère Romanov, le président Vladimir Poutine ayant élevé « au moins 26 parents et beaux-parents » à des postes ou à la tête d’entreprises publiques lucratives. Ils ont également caractérisé la classe dirigeante russe comme une « aristocratie héréditaire » auto-reproductrice dont les racines remontent à la bureaucratie soviétique.
Bien qu’il soit utile de cartographier les réseaux de l’élite russe, aucune de ces conditions ne nous renseigne sur ce qui façonne réellement la classe dirigeante du pays.
Ce n’est pas nouveau non plus. Le népotisme est l’air même que respirent les bureaucraties impériales depuis des millénaires. Elle a prospéré non seulement sous Brejnev, mais aussi sous Lénine et Staline. La seule différence est que les purges de Staline ont fait passer les familles privilégiées de la catégorie privilégiée à celle des persécutés. Mais les générations suivantes de « mécènes » se sont comportées exactement comme les précédentes.
Que 76 % des fonctionnaires et fonctionnaire...
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