"L’archive agit comme un ancrage". Telle est la conviction de Morgane Pouillot, chef de projet prospective et stratégies créatives chez LeherpeurParis. De fait, nombre de maisons de joaillerie n’ont de cesse de revisiter, voire de réinventer leurs classiques. La preuve par l’Art Déco, qui s’affiche encore dans les créations contemporaines. Ce mouvement - dont Paris célèbre en ce moment le centenaire - se voulait en rupture avec le passé tout en s’inspirant du cubisme et de la culture de civilisations lointaines, ce qui ne l’avait pas empêché de poser, dès cette époque, les bases de la joaillerie moderne. Poursuivre sur la voie de l’innovation reste donc possible. A condition, comme le conseille encore Morgane Pouillot, de "redéfinir les contours de la créativité, entre héritage et révolution".
Morgane Pouillot, qui est une chasseuse de tendances, accompagne les marques et les entreprises des industries créatives dans la construction de récits sensibles et de nouveaux imaginaires en écho aux regards et aux comportements de l’époque.
Pourquoi les marques de joaillerie réinventent-elles leurs archives ?
Dans une époque en panne de sens, noyée dans un brouhaha ambiant, les consommateurs sont en recherche de repères et d’imageries familières auxquelles se rattacher. Face à ce besoin croissant, les marques vont puiser dans leurs archives, allant de la simple réédition à l’intégration de celles-ci dans un processus dynamique de réinvention.
En renouant avec leur passé, les marques réactivent une mémoire vivante, l’archive agit comme un ancrage : elle relie à une époque, à un créateur, à un récit tout en remettant du sens, de l’attachement émotionnel dans le rapport au produit. Dans un contexte rythmé par la vitesse et l’incertitude, se tourner vers le passé devient une forme de réponse au futur incertain, une nostalgie qu...
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