La cyberfraude prospère plus que jamais en Birmanie, avec le concours du Starlink de Musk

Guadeloupe France Antilles - 14/10
Elles étaient censées disparaître sous la pression des gouvernements concernés. Mais les usines à arnaquer en ligne des victimes dans le monde entier prospèrent mieux que jamais en Birmanie près de la frontière avec la Thaïlande, révèle une enquête de l'AFP.

La construction de ces complexes aux allures de mini-villes ceintes de barbelés et gardées par des hommes en armes continue sans relâche autour de Myawaddy, sur la frontière avec la Thaïlande, montrent des images satellite et des prises de vue réalisées par drones par l'AFP. Ces images mettent en lumière ce qui ressemble à l'utilisation à grande échelle par les fraudeurs du service internet Starlink d'Elon Musk.

Ces espèces de centres d'appel d'un autre genre, qui ont proliféré dans les zones inhospitalières dites du Triangle d'Or, emploient de gré ou de force des petites mains. Assises derrière un écran ou un téléphone, elles soutirent chaque année des milliards de dollars à des Chinois, des Américains et autres pigeons à l'autre bout du monde, convaincus de réaliser un juteux investissement ou d'avoir trouvé l'amour.

La plupart de ces centres sont sous la coupe de syndicats chinois du crime en cheville avec les milices birmanes qui abondent à la faveur de la guerre civile, disent les experts.

La Chine, la Thaïlande et la Birmanie ont entrepris en février un effort commun pour éradiquer le fléau et mis sous pression les milices birmanes pour qu'elles ferment ces centres. Environ 7.000 personnes ont été, selon les points de vue, interpellées ou libérées d'un système brutal. Certaines d'entre elles, originaires d'Asie, d'Afrique ou du Moyen-Orient, ont montré aux journalistes de l'AFP les traces des blessures et des coups qu'ils disent avoir reçus de ceux qui les exploitaient.

Sun, un Chinois revendu d'un site à un autre, a raconté son histoire. Elle donne un aperçu du fonctionnement de cette industrie.

Enquête sur Starlink

Un haut responsable policier thaïlandais estimait en mars qu'au moins 100.000 personnes travaillaient encore dans les complexes le long de la frontière birmane.

Les images satellite montrent que l'expansion a repris quelques semaines seulement après les descentes de février. Des antennes paraboliques Starlink se sont rapidement multipliées sur les toits pour pallier la coupure d'internet par les autorités thaïlandaises. Près de 80 antennes sont visibles sur un seul toit du plus grand complexe, KK Park, sur les images de l'AFP.

Starlink n'est pas agréé en Birmanie. Avant février, Starlink n'avait pas assez de trafic pour figurer sur la liste des fournisseurs d'accès à internet dans ce pays. Fin avril, il était au 56e rang; il est au premier depuis le 3 juillet quasiment tous les jours, indiquen...
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