Des visages noirs et blancs. Des yeux qui ont été témoins de décennies de vie carcérale et de rues régies par des codes obscurs. Des corps marqués d'étoiles, d'araignées, de chats et de cathédrales, symboles de rang, de loyauté et de défi.
Une nouvelle exposition à l'échelle de la ville de Bruxelles, "Entourés de criminels ", invite les visiteurs à pénétrer dans le monde souterrain caché des Vory v Zakone, la confrérie post-soviétique des "voleurs dans la loi" qui contrôlait autrefois les réseaux criminels des goulags de l'ère stalinienne.
Derrière l'objectif se trouve l'artiste et cinéaste belge Nicolas Wieërs, qui a passé plusieurs années en Moldavie et en Transnistrie à photographier ces hommes. Gagnant leur confiance, il a documenté une sous-culture peu connue, définie par les tatouages, la hiérarchie et la survie. Autrefois vénérés comme des "dieux" de la pègre soviétique, nombre d'entre eux vivent aujourd'hui en marge de la société, pris au piège dans des cycles de pauvreté, de toxicomanie et de criminalité.
"J'ai commencé à me demander s'il n'y avait pas une sorte d'hypocrisie dans la société. À travers leurs tatouages, je pouvais explorer notre point de vue collectif sur le crime et la punition", a-t-il déclaré à Euronews Culture.
À travers des portraits, des témoignages et une installation immersive de musique, de films et de dessins, Wieërs examine leurs vies tragiques mais fascinantes, tout en confrontant les idées de justice, de moralité et d'hypocrisie sociale. Son travail met en contraste les ex-prisonniers visibles et tatoués avec les crimes invisibles des puissants - des politiciens aux élites en col blanc - protégés par la richesse et l'influence.
L'exposition se tiendra jusqu'au 9 novembre 2025 dans six lieux uniques de ...
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