C’est comme si les végétaux faisaient partie du décor : tellement présents, statiques, ils s’effacent du regard. Ce filtrage mental s’appelle la « cécité botanique ». Le phénomène s’explique par certains biais culturels, renforcés par l’urbanisation et l’artificialisation des sols. Cette invisibilisation du végétal accélère la perte de l’expertise botanique, appauvrit notre rapport au vivant… et menace l’équilibre de notre Planète. Des leviers d'actions existent pour réapprendre le rôle vital des plantes.

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Chaque été, les canicules nous rappellent l'importance des plantes pour rafraîchir l'airair ambiant. Mais pourquoi faut-il en arriver à souffrir physiquement pour enfin s'intéresser à ces êtres vivants ?

Le Douanier Rousseau a peint Le Rêve en 1910. Que voyez-vous sur cette toile ?

« Le Rêve ». Douanier Rousseau. 1910. Huile sur toile, 204,5 x 298,5 cm. Museum of Modern Art (MoMa), CC BY

La majorité des lecteurs auront certainement vu une femme nue allongée sur une banquette de velours, ainsi que deux félins aux grands yeux étonnés. Les plus attentifs auront noté la présence d'une silhouette jouant de la flûte, d'un éléphant, et de deux oiseaux. Mais combien ont prêté attention aux plantes ? Elles sont pourtant bien là, et il a fallu que l'œilœil soulève les feuilles et les pétales pour voir les animaux cachés.

Si vous n'avez pas pensé aux plantes, c'est peut-être que vous souffrez de cécité botanique. Ce concept a été forgé à la fin des années 1990 par James Wandersee et Elisabeth Schussler, deux botanistesbotanistes américains inquiets de l'érosion de l'enseignement de leur discipline dans les écoles américaines.

Ils définissent la cécité botanique...
[Courte citation de 8% de l'article original]