ENTRETIEN. Jonathan Coe : « Dans un monde incertain, lire pour le confort n’a rien de méprisable »

Ouest France - 04/10
À l’heure où la post-vérité, les ultraconservateurs et les complots reprennent une place publique, « Les Preuves de mon innocence » surgit comme un roman nécessaire. Jonathan Coe y entremêle les meurtres mystérieux, les sociétés secrètes universitaires et la politique extrême pour nous forcer à observer ce qu’on préfère parfois ignorer. Rencontre.

Les Preuves de mon innocence est à la fois un roman expérimental – qui fait se succéder roman policier, roman gothique de campus et autofiction – et très divertissant à lire. Comment est-il né ?

Je n’avais pas du tout prévu d’écrire un livre qui soit complexe ! Après Le Royaume désuni , qui m’a demandé beaucoup de travail, je voulais au contraire plus de simplicité et de légèreté. À cette époque, j’avais découvert le genre policier du « cosy crime ». C’était en France, d’ailleurs, dans une librairie, près de Biarritz, où il y avait tout un rayon estampillé « cosy mystery », dont la plupart des auteurs paraissaient anglophones. J’ai pensé qu’il s’agissait de la version moderne de ce que nous appelons, en Angleterre, l’âge d’or du roman policier – Agatha Christie, Dorothy L. Sayers, des auteurs que j’ai...
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