Derrière sa grille de fer forgé, le Jas de Bouffan se dresse, bastide solaire et silencieuse, lovée au coeur d’un parc peuplé de platanes centenaires, marronniers, cèdres, magnolias, érables, aulnes et albizias. Dans ce quartier d’Aix-en-Provence, le peintre Cezanne a vécu quarante ans, arpentant son domaine comme un atelier à ciel ouvert, traquant la lumière sur les pierres et la couleur dans les feuillages.
En ce début d’été 2025, cependant, la quiétude habituelle des lieux s’efface devant l’agitation fébrile d’ouvriers et de restaurateurs, au rez-de-chaussée. Ils préparent la bastide pour plusieurs mois de célébrations, d’expositions et de rencontres organisées pour honorer l’enfant prodige du pays, dont l’oeuvre irrigue encore la ville. Le Jas, comme on l’appelle à Aix, doit se refaire une beauté, mais chaque intervention dans le grand salon se fait sous haute vigilance. Il s’agit d’épargner le trésor retrouvé il y a deux ans par une équipe d’experts : une fresque murale d’environ six mètres carrés, figurant l’entrée d’un port. Depuis quelque cent-soixante-dix ans, ce chef-d’oeuvr...
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