Marocaine de 42 ans, Yasmina Tellal a travaillé six ans dans la récolte et le conditionnement de fruits et légumes dans le sud de la France.
"Dès le départ, ils ont instauré un système de peur. Ils venaient nous embrasser pendant la pause, nous toucher ici et là, nous inciter à accepter 300 euros pour coucher avec eux", décrit Mme Tellal à l'AFP.
Arrivée d'Espagne en 2011 avec une promesse d'embauche en France dans une société d'intérim espagnole, elle vise un contrat d'un an au salaire minimum en France (environ 1.800 euros bruts), logée et nourrie.
Mais rien ne se passe comme prévu. "J'étais payée 400 euros environ, parfois moins, je devais me débrouiller pour le loyer et les conditions de travail étaient inhumaines", se souvient-t-elle.
"Un jour, alors que je suis en voiture avec mon responsable, il s'arrête sur une aire de repos, attrape ma main et la met dans... son truc", peine à articuler, plus de dix ans plus tard, Mme Tellal.
"Quand tu n'as pas d'argent, tu es piégée, tu es obligée de rester et de la fermer", murmure-t-elle.
En 2015, elle commence à ressentir des vertiges, des paralysies... Les médecins lui diagnostiquent une sclérose en plaque, apparue, selon elle, à cause de tous ces traumatismes.
"Ils ont cassé ma vie", dit Mme Tellal, pour qui la maladie a été le déclic pour porter son combat devant la justice "car je n'avais plus rien à perdre".
En 2021, le couple à la tête de la société espagnole, aujourd'hui en liquidation, a été condamné à cinq ans de prison dont trois avec sursis, pour travail dissimulé mais pas pour traite d'êtres humains, que son avocat Me Yann Prevost avait plaidé.
Le volet des violences sexuelles n'a, lui, même pas été abordé. L'ex-travailleuse agricole a obtenu en 2023...
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