Derrière Donald Trump, l’autisme et le paracétamol, les inquiétantes obsessions de Robert Kennedy Jr.

Par Victor Garcia et Antoine BeauPublié le 24/09/2025 à 21:09 - L'Express - 24/09
Le ministre de la Santé américain n’a de cesse d’affirmer que l’autisme est une "épidémie" due aux vaccins ou à d’autres médicaments. Une stratégie à l’encontre des données scientifiques. Mais payante sur le plan politique ?

Donald Trump se fige un instant. "Est-ce que ça vous dit quelque chose, ce que je raconte ?", demande-t-il au parterre de journalistes devant lui. Dans la salle de conférences où la presse a été conviée ce lundi 22 septembre pour parler de son grand plan contre l’autisme, le silence s’installe. L’homme fort de la Maison-Blanche, jusqu’ici sûr de lui quant aux mesures qu’il faut prendre pour lutter contre cette affection, hésite, soudain pris d’un doute : "Est-ce bien correct, ce que je viens de dire ?", interroge-t-il, cherchant de l’aide du regard. Quelques minutes auparavant, le président américain annonçait, sans sourciller, que pour lutter contre ce trouble du neurodéveloppement, il faut empêcher les femmes enceintes de prendre du paracétamol (vendu sous le nom de Tylenol aux Etats-Unis). "N’en prenez pas, battez-vous comme des diables pour ne pas en prendre", répétait-il avec fougue. Mais voilà qu’il se perd dans ses notes.

Derrière lui, le ministre de la Santé, Robert F. Kennedy Jr., vole à sa rescousse et confirme tout. Et pour cause : il est le véritable cerveau derrière cette grande annonce. Face à la hausse des cas observée outre-Atlantique, cet ex-avocat spécialisé dans l’environnement devenu la principale figure antivaccin des Etats-Unis s’est promis de révéler la véritable cause de ce qu’il considère comme une "épidémie d’autisme". Selon lui, les responsables seraient les facteurs environnementaux et en premier lieu les vaccins et les médicaments, dont le paracétamol.

Une obsession payante

Les discours anti-science de Kennedy lui ont valu un soutien politique certain qu’il a pu négocier en rejoignant Donald Trump pendant sa campagne présidentielle, puis en obtenant le poste de ministre de la Santé. "Kennedy ne choisit pas n’importe quelle source d’exposition environnementale : les vaccins sont souvent obligatoires, imposés par l’Etat. On retrouve derrière l’idée que les technocrates imposent depuis leur tour d’ivoire des décisions mauvaises pour la santé. Le camp MAGA v...
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