SLA dans Charlevoix: une papetière historique montrée du doigt

Nora T. Lamontagne - Journal De Montreal - 19/09
Cinq travailleurs d’une usine de pâtes et papiers sont morts de la SLA dans les dernières années, ce qui alimente les spéculations dans Charlevoix.

CLERMONT | Cinq travailleurs d’une même usine de pâtes et papiers sont morts de la SLA dans les dernières années, ce qui alimente les spéculations dans la petite communauté de Charlevoix-Est.

Tous ces hommes ont contribué à fabriquer le papier journal de la «Donohue», comme on appelle encore aujourd’hui la papetière devenue propriété de Domtar à Clermont.

Située en bordure de la rivière Malbaie, l’imposante usine aux grandes cheminées est le poumon économique de Charlevoix-Est depuis près d’un siècle.

«Si tu restais à Clermont ou à La Malbaie, ton père, ton grand-père ou ton chum travaillait à l’usine», résume Marjolayne Gaudreault, de Clermont.

Son père, Guy Gaudreault, est le premier travailleur de la Donohue connu à décéder de la SLA, en 1979, à une époque où ces trois lettres étaient pratiquement inconnues dans la région.

Si la plupart des Charlevoisiens connaissent aujourd’hui la maladie, les causes exactes qui la déclenchent sont encore mal comprises par la science. Et les théories abondent.

Un sombre constat

Notre Bureau d’enquête a découvert que quatre autres employés de longue date de la papetière sont morts de la SLA depuis 2004, dont certains étaient en contact direct avec des produits chimiques.

«Mettons que, dans le temps, les normes étaient moins sévères», affirme Johanne Racine, dont le père a été fauché par la maladie après une carrière de plus de 25 ans à la Donohue.

À ces travailleurs s’ajoutent deux hommes employés hors de l’usine, deux autres y ayant brièvement travaillé et...
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