Maria Pourchet : « Enfant, j’envoyais mes poèmes à Francis Cabrel »

David Doucet - LePoint - 13/09
PANTHÉON. Avec « Tressaillir », Maria Pourchet signe l’un des grands romans de la rentrée. Pour « Le Point », elle dévoile son panthéon culturel, de Victor Hugo à Radiohead.

Avec Tressaillir, Maria Pourchet signe l'un des grands romans de la rentrée littéraire, un retour flamboyant après Feu et Western. Dans ses Vosges natales, elle raconte l'effondrement d'une femme après une rupture, entre solitude dévorante et fantômes de l'enfance. Sociologue de formation, elle observe ses personnages comme elle scrute nos vies, au plus près des désirs et des contradictions.

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Son imaginaire, lui, s'est forgé sans télévision, dans une chambre sous les toits où elle copiait des vers de Victor Hugo sur la tapisserie – au grand désespoir de ses parents. À 10 ans, elle écrivait déjà des poèmes qu'elle demandait à ses parents d'envoyer à Francis Cabrel (on ignore si l'auteur de « Petite Marie » a jamais reçu ces odes vosgiennes).

Aujourd'hui, Maria Pourchet entrouvre les portes de son panthéon culturel. On y croise Tristan et Iseut, Giono bien sûr, mais aussi Louise Attaque, groupe entendu en douce depuis un camping. Un univers où l'érudition se frotte à la culture populaire, où la solitude se mêle aux chansons de foule. Et où, pour écrire, elle s'isole dans des bergeries sans réseau, marchant une demi-heure au bord d'une départementale pour capter une barre comme si, pour trouver ses mots, il fallait d'abord se couper du monde.

Le Point : De votre enfance, qu'est-ce qui vous a donné le goût de la littérature et de la culture ?

Maria Pourchet : Beaucoup de choses. Mes parents avaient des préférences éducatives très claires. La culture était placée au premier plan et très tôt. Elle passait par différents vecteurs : d'abord les livres, puis le théâtre, la musique classique et la chanson à texte.

Si vous deviez évoquer une expérience marquante ? Un livre, par exemple, qui vous a donné le goût de la lecture ou changé votre regard ?

J'ai lu très tôt, parce qu'on n'avait pas la télé. Le merveilleux a compté énormément : les contes, mais pas seulement ceux de Grimm. Tous les textes anciens : Tristan et Iseut, La Chanson de Roland, Le Roman de Renart. À la même époque, j'ai commencé à entendre la chanson à texte....
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