Séparée de fraîche date, Kathleen était « à mille lieues » de songer à retrouver un compagnon. Juste le besoin de « passer un peu de temps célibataire, tranquille, sans gars à la maison. » La jeune quadra installée dans le Vaucluse avait aussi envie de se mettre au vélo. Les amis avaient listé pour elle le kit de démarrage : « Il faut que tu achètes des chaussures, un cuissard, un casque, une montre, un compteur... Et puis, très important, tu dois t'inscrire sur Strava. » Strava ? « Un autre monde. Je ne savais pas ce que c'était. »
Kathleen a téléchargé l'appli sur laquelle les cyclistes, runners et randonneurs enregistrent leurs activités sportives via GPS. La débutante se familiarisait doucement avec la notion de segment (tronçon sur lequel les temps sont pris, le classement établi), KOM (meilleur chrono sur un segment donné), PR (pour « personal record », record personnel), quand un monsieur a « surgi d'on ne sait où » lors d'une discussion en ligne avec un copain cycliste.
Abord frontal. Cet « ami d'ami » interpellait Kathleen sur le mode « à quoi ça sert d'avoir Strava si on ne sait pas s'en servir ? » Kathleen y a vu une forme d'agressivité, avant de revoir son jugement : par écrit, la tonalité et l'intention passent mal et peuvent être source de malentendus. Le monsieur s'appelait Éric, et en réalité, il était sympa. Serviable, empressé de prodiguer des conseils : quel braquet utiliser, quelle bonne cadence de pédalage à adopter pour progresser. « Je lui ai donné ma vraie identité, car j'utilise un pseudo sur Strava. On s'est mis à discuter en privé sur une messagerie traditionnelle (Messenger). Il m'a invitée à rouler avec lui... »
À chaque retour d'entraînement, Kathleen recevait force kudos (le « like » à la sauce Strava) de la part d'Éric. « De petits encouragements... et même de gros. C'est là que j'ai compris. » La suite leur appartient. Voilà cinq ans que Kathleen et Éric sont ensemble. Un involontaire autant que solide « couple Strava ...
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