RÉCIT. Leni Riefenstahl, cinéaste faussement naïve au service de la propagande nazie

Ouest France - 22/08
Au début des années 1930, la plus grande star du cinéma allemand ne vit plus à Berlin, mais aux États-Unis : Marlene Dietrich refuse de travailler pour le Reich et le fait savoir. L’une de ses principales rivales, Leni Riefenstahl, fait un choix radicalement différent, celui de mettre son talent d’artiste au service de la propagande allemande. Longtemps minimisée, sa fascination pour le nazisme est aujourd’hui établie.

Avant les Jeux olympiques de 1936 à Berlin, il y eut, la même année, ceux de Garmisch-Partenkirchen, une station de ski allemande près de la frontière autrichienne. Sorte de répétition générale avant l’été, les IVe Jeux d’hiver offrent au IIIe Reich une première occasion de tester la grande ambition du régime : faire d’un événement sportif une offensive de charme à l’envergure planétaire. Le 17 février, le magazine américain Time consacre d’ailleurs sa couverture à celle qui doit filmer les jeux de Berlin à la demande d’Adolf Hitler en personne : Leni Riefenstahl. Sur l’image, la jeune femme est en plein effort, les jambes nues, lancée sur ses skis à l’assaut d’une pente abrupte. Plus bas, le titre annonce : « Hitler’s Leni Riefenstahl », quelque chose comme « Leni Riefenstahl, la Leni de Hitler ».

La formule vise juste. Si la jeune femme n’a pas attendu l’arrivée d’Hitler au pouvoir pour faire carrière, celle qui se prépare à filmer les Jeux de Berlin l’été suivant fait effectivement figure de réalisatrice officielle du IIIe Reich. Depuis 1934, la jeune femme assure la couverture des grands événements d’un régime qui met tous ses moyens techniques et financiers à sa disposition. Le Triomphe de la Volonté...
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