Derrière une simple porte en bois, modeste comme une promesse, un souffle d’oranger enveloppe soudain le visiteur. Plus qu’un parfum : un clin d’œil de l’histoire. Cette fragrance, surgie comme par magie, était la favorite de Louis XIV. "À Versailles, la fleur d’oranger était partout : le Roi-Soleil en imprégnait ses gants, ses bains, et même ses fontaines", confie Giovanni Delù, 32 ans, jardinier en chef adjoint du domaine de Trianon.
Le souffle d’oranger du Roi-Soleil
Aujourd’hui, ce parfum émane d’un pamplemoussier (Citrus x paradisi), tout proche. Il flotte dans l’air, écho à ce passé royal et invitation à la découverte, celle du jardin du Parfumeur, un lieu unique, tout neuf, posé à mi-chemin entre le Grand et le Petit Trianon, comme une ponctuation dans la démesure végétale de Versailles. Ici, pas de perspectives interminables, de terrasses immenses ou de parterres corsetés de buis taillés, mais trois parcelles blotties autour de l’orangerie de Châteauneuf, où s’épanouissent quelque 300 espèces de fleurs. En cette belle journée de mai moussant de soleil, les pelouses luisent encore de rosée. Chaque brin d’herbe scintille sous la lumière matutinale. Quatre jardiniers s’affairent autour d’un parterre —deux Italiens, un Allemand, un Français, mais parlant tous le langage des fleurs — pour composer un tableau de tagètes, des œillets d’Inde aux corolles de feu.
"Ce jardin fut jadis une pépinière et un potager, p...
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