« Matrix Resurrections » : un séduisant mirage

Philippe Guedj - LePoint - 21/12
Le quatrième volet de la révolutionnaire saga ne changera sans doute pas le cinéma, mais au moins il essaie. Analyse des réussites et plantages du programme.

Ce n’est pas une révolution, c’est une révolte… Les historiens nous pardonneront de tronquer le célèbre échange entre Louis XVI et son grand maître de la garde-robe au soir du 14 juillet 1789, mais la formule résume assez bien la philosophie de Matrix Resurrections. Ceux qui attendent de ce 4e volet un grand soir du blockbuster, un bouleversement de ses codes comme le fit Matrix en 1999, risquent de sévèrement déchanter. À plusieurs reprises, ce nouveau film nous fait bien comprendre que le projet même d’une énième disruption n’aurait été que l’application servile d’un programme cyclique, dicté par la matrice Warner. En revanche, oui, tout Matrix Resurrections résonne comme un cri de révolte. Contre le diktat de ces licences qui paralysent créativement Hollywood depuis vingt ans. Contre la binarité de l’ancien monde, que cet opus, le plus ouvertement woke de tous les Matrix, passe son temps à fustiger. Et contre… la mort, tout simplement, puisqu’il s’agit de ressusciter ici deux héros que l’on avait pourtant laissés bel et bien trépassés à la fin du précédent volet.

De l’aveu même de Lana Wachowski, Matrix Resurrections a été conçu comme un pansement à la perte immensément douloureuse ...
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