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Depuis plusieurs années, une vague de contestation de la présence militaire française déferle en Afrique. Ce nouveau phénomène populaire lié aux tensions politico-sécuritaires semble avoir porté ses fruits, puisque des nombreux pays qui abritaient des bases militaires françaises sur le continent, il ne reste plus que Djibouti. Après la signature d'un procès-verbal le 7 mars dernier, marquant la rétrocession des quartiers Maréchal et Saint-Exupéry, les deux emprises militaires (habitations et hangars) jouxtant le parc géologique de Hann à Dakar, c'est le camp Geille de Ouakam, large de 5 hectares, qui a été rendu aux autorités sénégalaises ce 17 juillet 2025. Au terme d'une courte cérémonie militaire, le général Pascal Ianni, Commandant de l'armée française pour l'Afrique a symboliquement remis au général Mbaye Cissé, Chef d'état-major de l'armée sénégalaise, la clé du camp militaire Geille de Ouakam.Dans le cadre d’une coopération militaire avec ses anciennes colonies, la France a pu disposer en Afrique de plusieurs bases militaires avec des effectifs opérationnels en attente.
Aujourd'hui, beaucoup de choses ont changé entre temps, à la faveur des mouvements souverainistes dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest.
Le Niger, l’un des derniers pays africains à connaître un coup d’Etat militaire, avait engagé des pourparlers et obtenu le retrait des troupes françaises de son territoire. Les derniers soldats français ont quitté le pays en décembre 2023.
Après le Tchad et la Côte d'Ivoire qui se sont engagés sur la même voie, le Gabon a fait opérer une mue à la base qui est devenue "un camp partagé" pour la formation des militaires.
Mais qu'est-ce qui expliquait la présence militaire française dans ses anciennes colonies ?
Crédit photo,Getty Images
Tony Chafer, Professeur d'études africaines et françaises au Centre de recherche en études européennes et internationales à l'université de Portsmouth au Royaume-Uni, nous fait un bref historique de la présence militaire française en Afrique.
"La France a signé des accords de coopération culturelle, technique et militaire et des accords de défense avec la plupart de ses anciennes colonies au moment de l'indépendance en 1960", explique-t-il.
"En outre, des conseillers militaires ont été envoyés en Afrique pour travailler avec les gouvernements nouvellement indépendants. Les accords de défense ont défini le cadre dans lequel les interventions militaires françaises se sont déroulées en Afrique au cours de la période postcoloniale", pousuit-il.
"Avec une série d'accords bilatéraux de défense et d'assistance militaire signés avec ses anciennes colonies et jusqu'à 10 000 soldats stationnés ou participant à des opérations militaires dans ses anciennes colonies au cours des premières années suivant l'indépendance, la France a entrepris au moins 30 interventions milit...
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