Trois imposants blocs qui accueillent les visiteurs afin de mettre en valeur la production locale.
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Si les Grecs ont autrefois introduit la culture de la vigne sur les rivages de la Méditerranée, les crus provençaux apparaissent toujours bénis des dieux. D’Hélios, bien sûr, dont les rayons veillent à la parfaite maturité des raisins et protègent les baies des maladies, mais aussi d’Héphaïstos, qui incite les bâtisseurs à construire des palais dédiés à l’élaboration du vin. Ainsi, lorsqu’il acheta en 1998 le Château Thuerry, dans le Haut-Var, Jean-Louis Croquet se retrouva "comme Noé dans ses vignes !". Restait à offrir une arche au nectar qu’il rêvait d’élever au niveau "d’un Haut-Brion". Trois ans et quelque dix millions d’euros plus tard, un signal blanc attirait le regard dans le vignoble : un parallélépipède en béton de 70 mètres de long, enfoui sur trois faces sous plus de 6 000 tonnes de terre. L’approche résolument contemporaine de l’ancien patron de la Sofres suscita des vocations. Avec l’arrivée d’autres investisseurs tombés sous le charme provençal, les "chais d’architecte" se sont multipliés dans la région. En combinant esthétisme, attraits œnotouristiques et savoir-faire vigneron, ces derniers constituent une valeur ajoutée inestimable pour les propriétés viticoles.
"Souvent mi-enterrés, ils s’intègrent avec bonheur dans le paysage et développent une inertie thermique performante, observe Bernard Michel, fondateur de l’agence Arc’h, à Brignoles. Il compte parmi les premiers, à la fin des années 1990, à concevoir un projet global, pour le Château Real Martin, qui accorde impératifs techniques, respect du cadre de vie et modernité des traits. "Les contraintes du cycle de vinification influencent la conception, poursuit l’homme de l’art. Un chai 100 % gravitaire nécessite de la hauteur [NDLR : de la réception des raisins à l’élevage en barriques, les transferts se réalisent par gravité]. Sans dénivelé naturel du terrain, il faudra creuser pour lui permettre de demeurer discret." Un trait commun à la plupart de ces ouvrages que de se fondre dans le paysage.
Trois imposants blocs qui accueillent les visiteurs afin de mettre en valeur la production locale.
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"Un projet mûri durant cinq ans", confie Olivier Fayard, passionné de design et patron du domaine avec son frère Enzo. Le défi, relevé par l’architecte varois Pascal Flayols, consistait à construire "un lieu qui [leur] ressemble, empreint d’efficacité et de partage". En façade de cet espace de 5 500 mètres carrés aux lignes contemporaines, les trois imposants blocs accueillant les visiteurs illustrent la production locale : "Nous avons choisi le cuivre, pour sa couleur rosée, le cru majoritaire de la propriété ; l’acier Corten, dont la tei...
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