De Théo, il ne reste plus que des souvenirs. Des photos rangées dans un album, aux côtés de celles de sa fille. Léa Bibihe Itoumbou, sa compagne, le dépose soigneusement sur sa table. « Je ne l’ai pas encore fini », s’excuse la trentenaire, « mais, au moins, dès que ma fille a envie de regarder, elle peut se voir à côté de son papa. » La petite de trois ans et demi n’apprendra à connaître son père qu’à travers ces clichés.
Doroteio, dit Théo, Sanha, 28 ans, a été retrouvé mort le 11 janvier 2022. Nu et en chien de fusil dans sa cellule de la prison de Fresnes, jonchée de détritus, d’urine et d’excréments, la fenêtre ouverte en plein hiver. L’autopsie a révélé une mort par asphyxie. « Aujourd’hui encore, on ne connaît pas les circonstances précises de son décès », s’indigne Léa, qui apprendra ces conditions terribles par la presse. « Il avait des troubles psychiatriques qui n’ont pas été pris au sérieux par l’administration pénitentiaire », insiste-t-elle.
Durant les jours précédant sa mort, l’état psychique et physique de Théo s’était profondément dégradé, comme en témoigne un rapport de l’Inspection générale de la justice, révélé par Marianne en novembre 2022. Léa assure avoir appelé plusieurs fois le service pénitentiaire d’insertion et de probation, après avoir eu écho de la dégradation de la santé mentale de Théo. Des appels restés sans réponse, selon elle.
La jeune femme avait rencontré Théo sur les réseaux sociaux, alors qu’il était incarcéré. Le couple a un premier enfant, mort-né. Mais lorsqu’il sort de prison et devient conducteur de travaux dans la fibre, Léa tombe enceinte de leur seconde fille, Yasmine *. Seulement quatre jours après sa naissance, son père est de nouveau incarcéré à Fresnes, « parce qu’il n’a pas pointé au bon ...
[Courte citation de 8% de l'article original]